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Je me permets de vous faire parvenir cette étude
musicale électronique s'appuyant sur les Sermons sur la Mort de Bossuet
A l'encontre même de votre façon de penser
l'interprétation. Mais cela peut être parce que je vous imagine
travailler sur une épure. Rechercher l'essence de ce qui compose l'oeuvre
pour ne pas avoir à dépasser, voire transgresser ce qui est immanent
au matériel original.
A l'opposé, j'ai surajouté aux déclamations, un niveau
de lecture " sonore, une approche quelque peu " bruyante " (Dans
le sens ou tout ce qui s'ajoute à la déclamation et qui est inutile
à la compréhension peut être considéré objectivement
comme un " bruit ") afin de prolonger l'oeuvre dans une nouvelle forme
dramatique,
Les choses se sont passées pour moi très simplement. Dès
la première écoute, J'ai aimé en cet " objet sonore
", le potentiel dramatique pouvant faire appel à ce que j'appelle
: L'esthétique de la religiosité. (Qui est l'exact négatif
de l'art sacré) C'est à dire que j'ai travaillé à
la subordination des sermons par ce qui les composent hors la lecture religieuse,
politique, sociale ou morale que l'on peut en faire. J'ai nommé l'effroi
dans cette immédiate et indicible attirance qui conduit l'homme à
la mise au tombeau de sa propre mort dans le spectacle de la mort de l'autre.
Il n'est rien d'autre que cela. Que simplement connaître vos sentiments
(et cela même si ils sont négatifs ) en l'égard de ce travail
bien éloigné du votre.
Le vent dans les arbres, le bruit d’un avion au lointain, un toussotement, le souvenir d’une musique oubliée, une voix, des rires, des pas dans l’escalier, des enfants qui jouent sur la plage… Tout environnement résonant crée une « histoire « de l’écoute qui portera de façon indélé-bile cette impression diffuse de plénitude ou de nostalgie que l’on associera inconsciemment et pour toujours à une musique jouée en cet instant là. Ainsi, la partition pour chœurs du Requiem LVdlM peut être perçue comme le souvenir ancien d’une messe des morts. Dès lors, Il s’est agi de travailler sur ce qui relève de l’audible et de l’a-naudible. Sur ce qui résonne, ce qui rappelle ou ce qui évoque un autre temps musical pour façonner le son et faire glisser l’écoute vers d’autres niveaux de perception en de multiples jeux d’approche et de disparition, de présence et de distanciation. Pour ce faire, il a été fait appel à l’outil informatique pour trai-ter les voix, notamment dans la possibilité de juxtaposer, ?ger ou extraire des composants ou des citations : fragments, résonances, harmoniques…
Le Requiem est composé de 1 Appel diffusé à l’ex-térieur avant le début du concert, 10 Séquences, 4 Répons pour voix et choeurs à partir des Vers de la Mort de Hélimand de Froidmond (13eme siècle) et de 1 Adieu diffusé également à l’extérieur.Les 6 groupes de chanteurs sont répartis sur le lieu à partir d’un dispositif façade/lointain/arrière/gauche/droite/milieu. Les 6 points de diffusion ampli?és sui-vent un même schéma, le récitant est mobile.L’ordre d’exécution des séquences peut être modi-?é selon que l’architecture, le rapport au public et l’acoustique du lieu imposent un mixage et des trai-tements sonores spéci?ques.4 Séquences et 4 Répons sont dédiés aux choeurs, 6 Séquences, 1 Appel et 1 Adieu à la lutherie informatique, (Traitement granulaire des échantillons de choeurs, apport de sons de synthèse -additive et soustractive- et d’échantillons extérieurs).
Les échelles métronomiques, rythmiques et harmo-niques sont mis en place pour permettre aux chan-teurs de s’appuyer tout au long de l’exécution sur un protocole ?xe. Toutefois, certaines modi?cations seront apportées lors des répétitions initiales pour intégrer les notions de spatialisation et de résonance dans l’espace.
Francis Larue, à propos de la musique électronique
à Compiègne dans l'Oise